Pour une industrie majeure, qui est l'une des plus sujettes à la contrefaçon, il semble étrange de constater l’absence de réglementation spécifique aux cosmétiques bio dans le monde.
En effet, Europe, USA, Brésil par exemple n'ont pas de législation spécifique aux cosmétiques, seulement des législation liées aux produits agricoles bio comme le NOP (National Organic Program) aux Etats Unis. Il existe bien sur une Charte de la « Cosmétique Ecologique et Biologique au niveau du parlement européen relative aux produits cosmétiques qui gère notamment les substances interdites mais rien de plus pour l'instant.
Bien sur, les cosmétiques biologiques doivent respecter les principes fondamentaux et généraux du droit à la consommation et ceux du droit des marques. L'absence de normes réglementaires a poussé les joueurs "vertueux" du marché à mettre en place des bonnes pratiques et à rassembler des cahiers des charges pour élaborer des certifications.
Le consommateur final peut être encore un peu perdu car:
- Il existe plusieurs certificateurs à l'échelle mondiale (Ecocert en France, BDIH en Allemagne par exemple).
- certains labels existent comme cosmébio mais qui n'implique pas nécessairement la certification mais l'adhésion à une charte.
- Il n’existe pas de règles communes au niveau mondial sur le pourcentages d’ingrédients « naturels »
Les appellations bio/naturel/éco ont quelques grandes lignes en commun:
l’absence de colorants, l’absence de parfum ou de conservateurs de synthèse, l’absence de test sur les animaux et l’utilisation d’emballages recyclables et non polluants.
Certaines compagnies militent également pour une approche combinée qui n'inclue pas nécessairement la certification. Il est clair qu'un véritable produit cosmétique bio ou naturel devrait aussi inclure le souci de préservation de la ressource, le respect du l'environnement (humain entre autre) dans lequel la ressource est prise, son impact d'usage ainsi que l'impact de son emballage. Citons par exemple la société Natura Brasil qui inscrit sa démarche sur des piliers environnementaux et sociétaux. Une approche globale qui se rapproche des tendances de l'éco conception et en droite ligne avec les enjeux RSE.
Attention toutefois aux confusions, naturel ne veut pas dire sans danger, il n'y a pas que les molécules de synthèse pour provoquer allergies ou intolérances, il faut donc être vigilant et attentif comme toujours: bon étiquetage, dosages clairs, marque ou nom reconnu peuvent déjà être de bons indicateurs.
Consommateurs, armez vous donc de bon sens, récoltez un maximum d'informations. Encourageons les efforts de transparence des sociétés du secteur et espérons un plus grand effort d'harmonisation dans le futur...
